Séminaire sur les enseignements technologiques supérieurs
des 2 et 3 octobre 2007-09-26

Le lycée Franco-Mexicano est un lycée polyvalent à l’image des grands lycées en France. En dehors des sections générales, qui aboutissent aux baccalauréats «Scientifique», «Littéraire» et «Economique et Social», nous avons la chance de posséder des sections technologiques, qui aboutissent aux Bacs «Sciences et Technologies Industrielles» dits Bacs STI. Ce sont les Bacs «Electronique», «Electrotechnique» et «Mécanique». Ces Bacs technologiques, en France, comme au Lycée Franco-Mexicain, doivent alimenter les classes de BTS «techniciens supérieurs», les classes de DUT, et les classes préparatoires aux écoles d’Ingénieur. A Mexico, ils alimentent en plus, les écoles d’ingénieurs et Universités Technologiques Mexicaines.

Dans notre lycée, nous avons pu ouvrir deux sections de BTS Industriels : le BTS «Maintenance Industrielle», qui en est à sa cinquième génération et le BTS «Après-Vente Automobile», qui en est à sa troisième génération. Ces sections ont été ouvertes à la demande d’entreprises françaises installées au Mexique, comme Renault, Sidel, Maxigas Natural, qui procurent un emploi à beaucoup d’étudiants. En dehors de ces entreprises, que je viens de citer, nous travaillons aussi avec L’Oréal, Sanofi.Aventis, Degrémont, Bic, Textiles Tecnicos, Logis.

Ces entreprises partenaires connaissent bien nos formations BTS et savent donc tout ce que peut leur apporter un titulaire du BTS. Elles savent qu’un «Technicien Supérieur» compétent est très performant sur le «terrain», parce qu'il est autonome, qu'il va faire en sorte d’améliorer la productivité, qu'il va susciter des réductions de coûts. Sa maîtrise des «méthodes», sa rigueur dans la gestion des hommes et du travail le rendent particulièrement précieux.

Pour ouvrir ces sections BTS, il a fallu répondre à quelques exigences :

1. Disposer d'entreprises. Celles-ci nous expriment leurs besoins en nombre d’étudiants et en compétences. Les moyens, dont nous disposons pour vérifier l’adéquation de nos étudiants à ces besoins, sont notamment les deux stages effectués en entreprise pendant la formation. Lors de ces stages, nos élèves doivent réaliser des projets/mémoires qui consistent toujours à résoudre un problème réel posé par l’entreprise. Ainsi l’entreprise et nous-mêmes avons la possibilité de faire correspondre au mieux le niveau de formation et le travail demandé .

2. Disposer d'élèves, qui aient envie de faire carrière dans un domaine technologique, comme c’est le cas pour nos élèves sortant de Bac STI. Actuellement, nous recrutons aussi des élèves ayant un bachillerato technique, auxquels nous proposons des cours de français intensifs, une remise à niveau, pour pouvoir suivre nos cours de BTS. Nous appelons ces classes «Prépa-BTS».

3. Disposer de professeurs. Dans un premier temps, nous avons demandé aux professeurs techniques qui enseignaient en Bac STI de prendre en charge les classes de BTS. Maintenant, l’équipe est complétée par des professeurs recrutés en France choisis en fonction de leur profil.

4. Disposer de locaux. Nous utilisons actuellement les locaux du lycée et les locaux spécialisés mis à disposition par Renault, Bosch…

5. Financer les heures d'enseignement. Les entreprises participent largement à la rémunération des salaires des professeurs, situation semblable à celle pratiquée dans le cadre de la formation continue en France.

6. Disposer d'équipements. Ceci fut longtemps la plus grande difficulté à surmonter, jusqu'à ce que l’état français nous accorde le droit de percevoir la taxe d’apprentissage. Cette taxe permet en France de financer les équipements techniques des écoles. Auparavant, au lycée, nous dépendions de donations aléatoires provenant des entreprises.

Si vous venez au Lycée Franco-Mexicain, vous trouverez un échantillon fidèle de ce qui se fait en France en matière de formation technique supérieure. Vous pourrez venir observer ce que sont les caractéristiques de l'ingénierie éducative des enseignements techniques français. Prenons quelques exemples :

 

Les méthodes de travail dites « inductives », qui consistent en une approche globale appliquée à un cas concret pour aboutir à une généralisation.

L'organisation du travail et des travaux pratiques. La particularité de ceux-ci étant qu’ils posent toujours un problème réel à résoudre rencontré en entreprise. Les TP sont en général tournants, utilisent toujours des supports et des équipements didactiques ou industriels différents.

Des élèves acteurs de leur formation ce qui implique qu’ils soient autonomes et entreprenants.

Des objectifs, issus des référentiels officiels, clairement définis, opérationnels et adaptés au niveau des élèves.

Une relation étroite avec les entreprises partenaires, à qui nous nous devons de donner des explications sur nos méthodes et nos contenus. Pour cela, nous organisons plusieurs réunions de concertation avec les entreprises, les professeurs et les élèves au cours de l’année scolaire.

En résumé, nous sommes à Mexico une vitrine de l’enseignement technique supérieur français. Comme à la rentrée prochaine, nous ouvrons une année de licence professionnelle faisant suite au BTS, nos compétences iront donc de la seconde à la licence. Nous sommes très intéressés pour travailler avec d’autres établissements afin d’échanger sur nos pratiques mutuelles. Cette année, par exemple, nous sommes engagés dans un travail de partenariat avec l’UT de Tula Tepeji. Nous allons pouvoir nous enrichir mutuellement de nos méthodes et de nos TP. Nous irons préparer avec eux et chez eux des TP en utilisant leurs équipements. Inversement, ils viendront dans nos locaux mettre en œuvre des TP préparés avec nous sur nos équipements. Tout ceci donnant lieu à un véritable échange immanquablement fructueux.

Pour que ce projet se développe et perdure, il nous manque un facteur important : un financement qui viendrait compléter celui des entreprises. En effet, nous demandons à celles-ci de s’engager, de dire quels seront leurs besoins en techniciens supérieurs 2 ou 3 ans à l’avance. Certaines entreprises peuvent s’engager, d’autres pas et c’est bien normal.
Sachant que pour la rentrée prochaine, nous ouvrons au lycée franco-mexicain une licence professionnelle en collaboration avec une université française, nous serions heureux d’accueillir dans ce cadre, des étudiants boursiers de la SEP. Cela pourrait être, par exemple, les mêmes boursiers qui entrent chez nous en « cursus Intermedio » à qui nous faisons passer le Bac. Ces étudiants mexicains méritants et choisis par vos soins pourraient passer chez nous en 4 ans après le bachillerato ou en 3 ans après le baccalauréat, les deux diplômes français, dont je viens de vous parler : d’abord le BTS, puis la licence pro, reconnue internationalement. Ces deux diplômes français seraient obtenus sans devoir quitter le Mexique. De plus, un emploi de cadre technique leur serait garanti dans une entreprise nationale ou internationale installée au Mexique. Dans ce cas précis, la question du retour des étudiants de l’étranger après formation ne se poserait donc pas.

Au lycée Franco-Mexicain, nous avons le sentiment de pouvoir être d’une grande utilité non seulement pour nos deux pays, mais aussi pour les entreprises qui trouvent dans nos formations la technicité et les compétences qu’elles recherchent. Les fournisseurs d’équipements didactiques, eux aussi, voient en nous un moyen de valoriser leurs produits. Le partenariat que nous avons commencé à mettre en place avec les entreprises intéressées par nos élèves, l’UT de Tula et les entreprises comme Mediatec, ne demandent qu’à se développer. Nos intérêts se rejoignent. Profitons en.